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Je publie cette semaine un article bien différent. J’ai l’habitude de vous inspirer pour votre propre vie, mais cette semaine je veux vous inspirer à faire quelque chose pour la vie de quelqu’un d’autre. Je vous parle aujourd’hui de notre responsabilité collective à lutter contre l’exploitation sexuelle. Oui, vous avez bien lu! Vous vous demandez comment vous pouvez faire ça. Vous vous dites que vous ne connaissez personne avec cette problématique. Vous croyez peut-être que ça ne vous concerne pas. Moi, je vous dis que plus nous serons nombreux à être conscient de ce fléau, plus nous sauverons des vies. Alors prenez quelques minutes pour lire et constater que nous pouvons tous faire une différence.

Certains d’entre vous avez peut-être regardé l’émission Fugueuse, diffusée sur les ondes de TVA l’an dernier. C’est l’histoire de Fanny, 16 ans, qui n’a rien de bien différent des autres adolescentes. Elle rêve d’aventures comme la plupart des jeunes de son âge. Elle sera piégée. Fugueuse brise des préjugés et met à la lumière la stratégie des proxénètes. Au fil des épisodes, on prend conscience du travail sournois des exploiteurs pour en venir qu’à désensibiliser les victimes à la sexualité. On constate rapidement que l’exploitation sexuelle n’est pas un choix.

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Ben Luiten - #TONCORPSNAPASDEPRIX

Au mois de décembre dernier, j’ai eu l’occasion de parler à Ben Luiten, responsable de la campagne Ton corps n’a pas de prix; campagne qu’il a mise sur pied il y a 5 ans avec le groupe d’ados de l’Église Nouvelle Vie à Longueuil. Ben désire sensibiliser les jeunes à cette réalité et les mobiliser pour faire une différence. Il dénonce les dangers liés à la prostitution et aux gangs de rue. Je lui ai demandé comment je pouvais utiliser la plateforme de mon blog pour faire ma part dans cette lutte contre l’exploitation sexuelle. On a conclu que simplement vous parler de cette réalité et de ce que chacun de nous peut faire constitue un moyen d’agir puissant. Je veux donc débuter en vous présentant cette triste réalité qui se vit, ici même en Montérégie, au Québec. 

Juste à Longueuil, là où Ben et son équipe oeuvrent principalement, il y a une dizaine de gangs de rue, 108 filles (répertoriées) exploitées sexuellement dont la moyenne d’âge est de 14,7 ans. Ces chiffres augmentent considérablement dans les centres urbains. À Montréal, par exemple, ce sont 4000 jeunes de 12 à 25 ans qui se prostituent. Le prédateur sexuel est un gars charmant et séducteur. Il invite une jeune fille vulnérable à une soirée, il paie pour elle. Et quand je dis vulnérable, je ne parle pas d’une jeune dont la vie est complètement débridée. Il s’agit tout simplement d’une jeune fille en carence affective ou ayant un important besoin de protection. Les prédateurs font leur recrutement au métro, dans les écoles secondaires et de plus en plus par les réseaux sociaux. Les filles en fugue sont des proies idéales; 70% d’entre elles se font recruter en moins de 48 heures. Ils l’approchent en lui demandant si elle a besoin d’aide, lui faisant croire qu’ils se soucient d’elle. 

La roue s’amorce alors. La fille tombe dans une fausse romance. Elle se sent aimée par un gars financièrement aisé. Le prédateur sexuel met la jeune de plus en plus à l’écart. Il lui achète des vêtements, il lui fait des cadeaux. Il lui crée ainsi une dette. Vient le jour où elle doit rembourser.

Petit à petit, les jeunes filles se font piéger. Lorsqu’elles s’en rendent compte, le piège s’est refermé et il devient très difficile de s’en sortir. D’abord, les danses érotiques. Vient inévitablement les viols collectifs pour « briser » la fille. Le but des prédateurs est alors de dénaturer la sexualité. Pour survivre, la fille doit se détacher mentalement de son corps pour oublier ce que son corps fait et oublier émotionnellement ce qu’elle vit. On pourrait penser que cela arrive que dans les films, mais certaines vivent dans des cages ou des sous-sols. C’est inconcevable!

Le 2159 intervient auprès des jeunes à risque afin de prévenir et contrer l’itinérance, la délinquance et l’exploitation sexuelle.

Le 2159 intervient auprès des jeunes à risque afin de prévenir et contrer l’itinérance, la délinquance et l’exploitation sexuelle.

Si vous aviez la possibilité d’éviter ce drame à une seule jeune fille, je crois que vous le feriez! Un travail remarquable est fait par le projet Mobilis et des organismes comme Le 2159. Le projet Mobilis du Centre jeunesse de la Montérégie, en collaboration avec le service de police de Longueuil, travaille à la prévention de l’affiliation aux gangs de rue. Je lève mon chapeau à Madame Pascale Philibert qui mène ce projet depuis 2008. Je souligne également le travail exemplaire d’accompagnement et d’hébergement qu’offre Le 2159. Vous savez quoi? Ce n’est pas suffisant! Chacun de nous doit se lever et faire sa part.

Vous vous demandez comment faire? Sur le site de la campagne Ton corps n’a pas de prix, il est écrit : « Plus ce fléau sera connu et dénoncé, plus les jeunes seront conscients et vigilants. » Les jeunes qui n’ont pas conscience de cette triste réalité et de la méthode de recrutement des proxénètes sont des proies faciles. Chaque jeune fille a besoin de réaliser que son corps est inestimable, précieux et qu’il ne doit être échangé ou acheté sous aucun prétexte. 

Mesdames, nous sommes toutes une grande soeur, une maman, une voisine, une cousine ou une amie pour une fille adolescente. Prenons le temps de nous renseigner comment vont les filles autour de nous. Encourageons-les à ne pas baisser leur standard; que leur patience pour attendre le bon gars vaut de l’or. Disons-leur encore et encore que la sexualité n’est pas le remède de l’amour. 

Messieurs, vous aussi côtoyez des jeunes filles. Dites-leur qu’elles ont une grande valeur, que leur corps n’a pas de prix. Encouragez-les à s’éloigner du gars qui menace de la quitter si elle n’a pas de relation sexuelle avec lui. Valorisez les jeunes filles autour de vous. Prévenons-les que les images qu’elles mettent sur Internet sont enregistrées sur des serveurs et qu’elles y restent même si elles les suppriment ensuite. Amenons-les à réfléchir à l’image qu’elles donnent de leur corps.

Il existe d’autres moyens de lutter contre ce fléau. Certains d’entre vous serez peut-être intéressés à contribuer financièrement à la campagne Ton corps n’a pas de prix. Dans ce cas, cliquez sur l’onglet Contact et inscrivez dans les commentaires votre désir de faire un don et un responsable communiquera avec vous. Les fonds amassés seront remis à un organisme ayant une expertise dans ce domaine. Plus précisément, la totalité de l’argent récolté servira à soutenir une jeune fille qui vient de se sortir de l’exploitation sexuelle. 

« La lutte est sévère, entre les ténèbres et la lumière » (Martine Le Coz). Vous et moi avons la possibilité de faire une différence dans ce combat pour soutenir ceux qui souffrent et aimer ceux qui sont oubliés. Ensemble, par nos actions et nos paroles, soyons la lumière qui repousse les ténèbres. 


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