Parfois
Lorsque j’ai commencé à conduire il y a plus de 15 ans, je n’avais pas de cellulaire et aucun système de repérage tel un GPS. Je devais rejoindre une amie de l’université à son domicile pour un travail d’équipe. C’était la première fois que j’allais chez elle. Elle habitait en montagne, là où les routes sont également les sentiers qu’utilisent les gens qui font de la randonnée pédestre. C’était l’hiver. Une vraie belle journée d’hiver. Les routes étaient ensevelies de neige. Les flocons continuaient à tomber et couvraient les routes au point que je n’arrivais même plus à les distinguer. Définitivement pas la journée idéale pour une conductrice peu expérimentée. Je tentais de suivre les directives routières de mon amie. J’étais très alerte et à la fois un peu inquiète. Je regardais partout autour de moi pour tenter de discerner les points de repère qu’elle m’avait donnés, sans les trouver. J’avais l’impression d’être seule dans la montagne blanche.
En l’espace de quelques minutes, j’ai pensé faire demi-jour et retourner chez moi. J’ai aussi pensé stationner ma voiture et marcher pour cogner à une porte et demander de l’aide, mais je ne voyais aucune maison autour de moi. J’ai aussi eu le temps de me faire le scénario dans lequel je restais prise dans la neige et personne ne savait où j’étais. Quelques instants plus tard, j’ai pris un mauvais tournant et ma voiture est restée coincée dans la neige. Je ne pouvais plus la déplacer. Plutôt que de paniquer, je me suis arrêtée pour admirer la beauté du paysage qui s’offrait à moi, un paysage d’un blanc immaculé.
Je suis ensuite sortie de ma voiture pour tenter de dégager les pneus. Quelques instants plus tard, un monsieur est arrivé et m’a aidée à déplacer ma voiture. À ce jour, je me demande d’où venait ce monsieur puisqu’il n’y avait personne autour. Vu le peu de gens qui habitaient cette montagne, il savait même où habitait la famille de mon amie et il m’a guidée. Il s’avérait que j’étais à moins de 500 mètres de sa maison! Peu de temps après, j’étais au chaud dans la maison de mon amie. En lui racontant ma mésaventure, mon amie a constaté qu’elle s’était trompée dans les directives routières qu’elle m’avait données. On en a bien ri!
Parfois, la vie nous force à nous arrêter.
Parfois, nous prenons un mauvais tournant.
Parfois, une personne nous donne de mauvais conseils et nous nous perdons.
Parfois les intempéries nous forcent à ralentir.
Parfois nous perdons nos points de repère.
Rappelons-nous que...
Ce sont parfois les temps d’arrêt qui nous permettent d’admirer la splendeur qui nous entoure.
Ce sont parfois les détours qui nous font découvrir les plus belles routes.
C’est parfois lorsque nous nous perdons que nous trouvons l’aide dont nous avons besoin.
C’est parfois en ralentissant qu’on apprécie davantage tout ce que la vie nous offre.
C’est parfois lorsque nous sortons de notre zone de confort que nous grandissons le plus.