Deux minutes
Vous arrive-t-il de vivre une situation plutôt banale qui s’avère être révélatrice d’une plus grande réalité? J’ai vécu l’un de ces moments dernièrement alors que j’étais à la salle d’entraînement pour une évaluation de ma forme physique avec un entraîneur. Après 6 ans sans m’être entraînée, je me suis inscrite au gym il y a quelque temps. Jean-Nicolas, l’entraîneur, me pose quelques questions sur mes objectifs pour ensuite me faire faire quelques exercices, question d’évaluer ma forme et d’établir le point de départ qui nous permettra de mesurer le progrès.
Jean-Nicolas me demande si je suis capable de faire des push-ups. Je lui réponds bien honnêtement que je ne me rappelle même plus la dernière fois que j’ai essayé d’en faire un, mais que c’est un exercice que j’ai toujours eu de la difficulté à faire. Il me dit : On essaie! Je fais le premier sans trop de soucis. En faisant le deuxième, je me dis que je ne pense pas pouvoir en faire un troisième. Je réussis le troisième avec l’impression qu’on a mis 50 livres sur mon dos. Il me dit : Tu es capable encore! avec une telle assurance que j’essaie. Mes bras tremblent et je crois bien qu’ils vont céder. Je parviens à remonter en me disant qu’il verra bien que je ne peux pas aller plus loin. Mais non! Il me dit : Un dernier!, tout en m’encourageant au moment où j’ai bien l’impression que je vais tout simplement m’écraser au sol. Et bien, j’ai réussi à remonter une fois de plus!
Combien de fois dans nos vies nous pensons ne pas être capable d’accomplir telle ou telle chose et nous nous arrêtons prématurément ou, pire encore, nous n’essayons même pas?! Dans son livre You Are A Badass, Jen Sincero écrit (traduction libre, p.151) : « Bien souvent, lorsque nous disons que nous ne sommes pas qualifié pour quelque chose, ce que nous disons en réalité c’est que nous avons trop peur et non que nous en sommes incapable. » Je ne me sentais pas qualifiée pour faire des push-ups. Vous me direz, ce sont juste des push-ups! C’est vrai. Et si c’était à la fois un reflet de ma façon de réagir dans d’autres contextes?
Après les push-ups, un autre défi m’attendait, celui de la planche. Vous savez, cet exercice où vous vous appuyez sur vos avant-bras et vous maintenez votre corps à l’horizontal sans fléchir votre bassin? Jean-Nicolas se place à mes côtés et le fait en même temps que moi. Pour me changer les idées et m’aider à focaliser sur autre chose que la douleur, il me demande comment s’est passée ma semaine. Je commence à lui parler, mais l’exercice vient qu’à me demander trop d’efforts donc je lui demande plutôt de me parler (parce que lui, bien sûr, n’a aucune difficulté à faire cet exercice!) Je tente de l’écouter, mais rapidement, je l’interromps et lui demande si je peux arrêter. Le compteur affiche alors 1:36. Il me dit : On se rend à 2 minutes et je lui réponds que je ne pense pas pouvoir me rendre. Je n’étais même plus capable de me concentrer sur ce qu’il disait! Lorsque 2:00 s’affiche sur sa montre, il me dit que c’est terminé. Quel soulagement! Il me regarde et me dit : Tu aurais pu faire plus. Ton bassin n’a même pas fléchi. Ton blocage était ici (en pointant sa tête). C’est ton mental qui t’a arrêtée. Ouf! Ses paroles ont résonné en moi.
Ces 2 minutes ont suscité une belle prise de conscience. L’auteure du livre citée plus haut poursuit sa pensée et amène le lecteur à se questionner (traduction libre, p.153) : « Lorsque vous travaillez sur un projet, quel qu’il soit (...), à quel moment vous arrêtez-vous précisément? » Nous pouvons nous poser la même question pour tout ce que nous souhaitons accomplir, que ce soit en lien avec le travail, un projet, un rêve, un objectif, etc. Tu t’arrêtes lorsque tu crois ne pas avoir les connaissances? Lorsque tu crains ne pas être en mesure de répondre aux attentes des autres? Lorsque tu ne penses pas être capable? Lorsque tu sors de ta zone de confort? Lorsque tu as peur d’échouer?
Le lendemain de mon évaluation au gym, j’ai décidé de tenter à nouveau l’expérience de la planche, chez moi cette fois. Au départ, je me demandais si j’y parviendrais puisque je n’avais personne pour m’encourager et me dire de tenir encore un peu au moment où j’avais le goût de tout lâcher. Ensuite, je me suis dit que je ne voulais pas me laisser déjouer par mon mental une fois de plus. Je me suis installée pour faire la planche (cette fois avec mon fils qui faisait passer ses petites voitures sous moi!). J’avais le choix d’arrêter n’importe quand puisque personne ne me regardait. J’avais aussi le choix de le faire jusqu’au bout simplement parce que je m’étais conditionnée à le faire. Lorsque le compteur a affiché 2 minutes, j’étais vraiment fière de moi... et confiante que je peux reproduire ce phénomène dans toutes les sphères de ma vie!